La pollution des feux girondins déferle sur le nord de la France

En ce mois de juillet caniculaire, l’Europe est soumise à de fortes températures, facteur à l’origine du déclenchement de multiples incendies de forêt en Espagne, au Portugal, en France, Grèce, etc. Les masses d’air en provenance du sud apportent leurs cortèges de poussières minérales désertiques et transportent les particules carbonées émises par ces incendies.

La plateforme web interactive AERIS-ICARE/LOA VOLCPLUME facilite le regroupement et l’analyse conjointe de mesures satellitaires et d’observations multi-stations issues de réseaux au sol, incluant les mesures de télédétection de type photométrique (AERONET) ou LIDAR (ACTRIS-FR) ainsi que les observations de surveillance de la qualité de l’air.

Les observations photométriques issues de la station AERONET d’Arcachon, à proximité des sources de feux girondins émettrices de particules fines carbonées, enregistrent une augmentation progressive de l’épaisseur optique d’extinction des aérosols (AOD) à partir du 13 juillet 2022, date de début des incendies, qui culmine le 18 juillet 2022 (AOD à 500 nm de 1.87) vers 10h30 UTC (Fig. 1A). Cette épaisseur optique est essentiellement produite par une abondance de particules fines (série temporelle de l’AOD du mode fin non illustrée ici). Lors de ce pic en épaisseur optique, la composition colorée MSG/SEVIRI (18 Juillet 2022 12h UTC) permet de visualiser le panache de feux girondin qui se déplace vers l’Ouest et survole Arcachon. Cependant, au cours de plusieurs journées, les observations photométriques indiquent également des coefficients d’Angström inférieurs (~0.9) à la valeur moyenne (~1.3) qui ne peuvent être associés à la présence de particules de feux uniquement. Ainsi, ces résultats suggèrent la coexistence de plusieurs types d’aérosols sur la colonne.

L’analyse multi-stations des données de surveillance de la qualité de l’air à l’aide la plateforme AERIS-ICARE/LOA VOLCPLUME montre un front de pollution, associé à des pics de la concentration en particules fines PM2.5 (rayon < 2.5 𝜇m). Ces valeurs, excédant largement les niveaux de fond, sont enregistrées à une distance croissante au cours du temps, tout d’abord à Bordeaux (jusqu’à 352 mg/m3), puis Chizé, Poitiers, Blois, Rambouillet avant d’atteindre les Hauts-de-France à des centaines de kilomètres de la source de feux (Fig. 1B).

Contacts scientifiques : M. Boichu & P. Goloub (Laboratoire d’Optique Atmosphérique, Université de Lille)

 
Figure 1 : (A) Pollution de l’air à proximité de la source des feux en Gironde à partir des observations photométriques de la station AERONET d’Arcachon (composition colorée
MSG/SEVIRI en fond) du 10 au 22 Juillet 2022. (B) Pollution à longue distance, enregistrée progressivement à différentes stations du réseau de surveillance de la qualité de l’air
(INERIS-LCSQA-ATMO France), remontant le territoire métropolitain vers le Nord (concentration au sol en particules fines PM2.5). Illustrations issues de la plateforme
AERIS-ICARE/LOA VOLCPLUME, PI: M. Boichu, LOA.

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