Comme tous les quatre ans, le CNES a organisé un séminaire de prospective au Havre du 8 au 10 octobre 2019, ayant rassemblé environ 250 personnes et dont le sujet principal était le spatial dans toutes ses dimensions: la sélection, réalisation et exploitation des missions spatiales.

 

Ce séminaire était conçu comme un séminaire de restitution suite à un travail de préparation de plus d’un an. Aux côtés des travaux des groupes thématiques (dont notamment le TOSCA), plusieurs groupes de travail transverses ont été mis en place, avec pour la première fois un groupe sur les données et plus largement sur les enjeux du numérique.

L’infrastructure de recherche Data Terra y était bien représentée : son directeur Frédéric Hyunh et trois directeurs de pôles (Michel Diament pour Form@ter, Nicolas Baghdadi pour THEIA et Nicole Papineau pour AERIS) étaient présents.

La synthèse des priorités du TOSCA pour les futures missions spatiales seront très utiles à AERIS. AERIS est déjà très impliqué dans de nombreuses missions en cours ou à venir telles que IASI, IASI NG, AEOLUS, EARTHCARE, Stratéole ; et devrait l’être également dans MicroCarb, Mescal et Merlin.

Cyril Crevoisier, président du TOSCA, a insisté sur l’importance de ne pas réfléchir à l’exploitation des données mission par mission. Pour lui il est important d’utiliser les missions de manière conjointe et en lien avec les données sols ou aéroportées afin de répondre aux questionnements scientifiques.

C’est pourquoi, lors de ce séminaire, le groupe du TOSCA, a émis des recommandations importantes sur les renouvellements de l’avion de l’UMS SAFIRE, mais aussi sur la définition des infrastructures de mesures in situ en partenariat inter-organismes. Il a insisté sur la définition d’une stratégie autour des ballons en s’appuyant sur le projet HEMERA, ainsi que sur le rôle des outils tels que la spectroscopie ou les codes de transfert radiatif. Il a enfin émis une recommandation forte sur les pôles de données en insistant sur le travail déjà réalisé et la nécessité de poursuivre la construction des pôles dans Data Terra.

Le nouveau président du CPS, Gilles Bergametti, a présenté la stratégie du comité des programmes scientifiques pour les prochaines années et a conclu sur trois axes forts, dont l’un concerne la prise en compte de l’évolution du monde des données. Cet axe recommande notamment de :

  • Rapprocher les bases de données des centres de calculs nationaux ou européens et prendre en compte les données spatiales dans les évolutions de besoins des centres nationaux ;
  • Adjoindre de l’expertise en informatique et méthodes mathématiques et numériques de traitement ;
  • Gérer réellement les données en multi-organismes au niveau national et en partenariat international.

Enfin, Gilles Bergametti a insisté sur deux points : d’une part que le partenariat inter-organismes est une clé de voûte de l’excellence spatiale française, et d’autre part qu’il est nécessaire de combiner des données spatiales avec les données sol en s‘appuyant sur ce partenariat.

AERIS est donc bien positionné pour répondre aux enjeux mentionnés ci-dessus en mettant à disposition des outils et des données, satellites, sol, ballons, avions, et aider à la mise en place d’une stratégie européenne.

Par ailleurs le plan d’action que doit construire AERIS suite à sa REVEX permettra de répondre à plusieurs recommandations de ce séminaire du CNES. Par exemple, un des challenges soulignés par la REVEX AERIS est de se positionner sur l’utilisation des données Sentinelles du programme Copernicus en développant des produits spécifiques.

En conclusion, AERIS trouvera facilement sa place dans ce dispositif. Cela permettra aussi de bien positionner Data Terra avec le travail en cours sur une architecture commune qui s’insère dans le dispositif national Infranum et le cadre européen EOSC.